Elections européennes : Le 25 mai, l’occasion de choisir une alternative pour défendre les valeurs en Europe !

Dans une lettre datée du 15 mai dernier, le député européen sortant Philippe Juvin (UMP), par cumul également maire de La Garenne-Colombes (92), promet aux Français qu’en cas de réélection il continuera à s’opposer à l’ingérence de l’Union européenne dans les choix souverains des Etats-membres sur les questions de société. M. Juvin dit également avoir défendu « sans relâche » l’Europe chrétienne et s’être opposé à la manipulation des valeurs et normes qui fondent la civilisation européenne. Il rejoint ainsi Rachida Dati (UMP, Ile de France) et Françoise Grossetête (UMP, Sud-Est) qui, elles aussi, ont très récemment investi ce cheval de bataille, peu de temps avant les élections européennes.

Tout candidat peut proclamer ses bonnes intentions à la veille d’un scrutin. Mais la démarche de M. Juvin paraît peu crédible à la fin d’une mandature européenne marquée par l’inactivité des députés européens UMP sur les questions de société. Sa justification est symptomatique de l’incapacité des députés européens UMP de répondre aux questions devenues prioritaires : Qu’avez-vous vraiment réussie dans la durée pour mettre en œuvre le programme de base de votre famille politique, le Parti Populaire Européen ? Pourquoi ne vous dénotez-vous pas clairement, dans vos votes nominatifs, du PS, du FN et du Modem/UDI ? Comment avez-vous défendu en Europe la vie, la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, la filiation, la reconnaissance des racines chrétiennes, la promotion des valeurs de la civilisation européenne? Sur ces points précis, aucun compte-rendu ne fait écho de leur engagement. Cette critique vise également le FN, le PS et le Modem/UDI. Il est en effet prouvé, par les chiffres de l’année 2013, que 93% des résolutions du Parlement européen étaient adoptées en séance plénière par un vote nominatif identique entre tous les députés européens français. Si au niveau national, les différences sur les questions de société sont minimes, elles s’effacent dans l’hémicycle du Parlement européen.

Le candidat Juvin met en avant deux résolutions particulièrement médiatisées, mais il oublie de se prononcer sur d’autres évènements importants intervenus au cours de la mandature 2009-2014, qui servent comme autant d’éléments de discernement avant le scrutin :

–          la participation régulière de l’UMP, aux côtés du PS, du Modem/UDI, d’Europe-Ecologie les Verts et du PC, de la promotion de l’avortement dans d’autres résolutions moins emblématiques,

–          le soutien régulier de l’UMP, avec ces mêmes partis, aux résolutions qui demandent aux Etats membres de légiférer sur les unions entre personnes de même sexe,

–          le soutien de l’UMP, toujours dans la même grande coalition, au financement européen de la recherche sur les cellules embryonnaires, et  l’absence de soutien à l’initiative citoyenne européenne « Un de Nous »,

–          le soutien de l’UMP, toujours avec les mêmes collègues nationaux, aux résolutions condamnant des Etats membres souverains pour leurs décisions nationales prises en faveur du mariage, de la protection des enfants face à la manipulation des groupes LGBT…

Philippe Juvin omet également de se prononcer sur un fait singulier dans l’histoire du Parti Populaire Européen : par une lettre de Jean-François Copé au président du PPE Wilfried Martens, l’UMP a formellement acté son refus de reconnaître les racines chrétiennes comme fondement du travail programmatique de son partenaire européen, le PPE. Refuser un élément si fondamental du programme politique compromet l’avenir de l’UMP au sein du Parti Populaire Européen.

La résolution Estrela sur la santé et les droits sexuels et génésiques ne visait pas, au fond, « l’enseignement de la théorie de l’identité du genre à l’école », ni ne « menaçait l’éducation de nos enfants ». Le rapport Estrela ciblait surtout la banalisation institutionnelle de l’avortement par l’Union européenne. Il visait l’introduction d’un droit universel à l’avortement inconditionnel dans tous les Etats membres. Dans les relations extérieures de l’UE, le rapport Estrela érigeait l’avortement en priorité du développement mondial après 2015 (agenda post objectifs du millénaire).

Les députés UMP ont été contraints de changer leur position sur ce rapport à la veille du vote nominatif en séance plénière, à la suite du sursaut des consciences en France et en Europe. Ce revirement a été vivement contesté par leurs partenaires de coalition. Après le renvoi de la résolution en commission parlementaire au mois d’octobre 2013, Elisabeth Morin-Chartier (UMP, 2e Ouest) a été confrontée par la chef du groupe libéral à la commission des femmes du Parlement européen : « Madame Morin, je ne vous comprends plus. Nous avons préparé ensemble le rapport Estrela pendant une année et vous étiez toujours d’accord avec nous. Maintenant, vous lâchez de peur. C’est honteux ». L’agacement de l’opposition (échange de vues enregistré par les services TV du Parlement européen comme toutes les réunions publiques des commissions parlementaires retransmises en direct) démontre clairement qu’au sein de la commission responsable du rapport Estrela, Elisabeth Morin-Chartier (UMP, 2e Ouest) soutenait activement ce rapport.

La délégation UMP a aussi failli sur le rapport Lunacek « Feuille de route de l’UE contre l’homophobie et les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Il structure la mise en place des droits et privilèges accordées aux personnes homosexuelles. Désormais l’Union européenne menace ouvertement le mariage traditionnel, la famille naturelle et la filiation. Alors que des millions de Français battaient le pavé contre la loi Taubira, les députés européens UMP ont tous activement soutenu cette résolution, guidés par Véronique Mathieu Houillon, ancienne vice-présidente de l’intergroupe LGBT. A la veille du vote, l’UMP a dû changer son indication de vote, in extremis là encore à la suite d’une pression citoyenne exemplaire. Sans ce sursaut des consciences, l’UMP aurait suivi Véronique Mathieu Houillon. Pourtant, l’UMP ose garder Véronique Mathieu Houillon sur la liste UMP Est conduite par Nadine Morano, elle-même pro-GPA, pro-PMA, en attente d’un nouveau portefeuille ministériel en 2017 (à mi-temps de la mandature du Parlement européen).

Au PS, la situation n’est pas meilleure. La présidente de la délégation française PS, Catherine Trautmann (2e, Est) a publié un haineux communiqué à l’égard de la semaine pour la vie mise en place par un groupe de députés européens pour manifester le soutien à la dignité humaine, dès le début de la vie, au moment de la fécondation.

En outre, le Parti socialiste refuse à ses euro-députés le droit fondamental à la liberté de conscience et l’acte d’objection de conscience qui en découle. En effet, l’article 5.4.3 des statuts du Parti socialiste (« Obligations des membres des groupes parlementaires ») énonce: « En toutes circonstances, les parlementaires doivent respecter la règle de l’unité de vote de leur groupe. En cas d’infraction à cette règle, le Conseil national peut faire jouer les dispositions prévues à l’article 4.3.2. (« Chacun des parlementaires relève du contrôle du Conseil national ») Les membres de la délégation socialiste française au Parlement européen sont soumis aux mêmes dispositions. » Il est prouvé que le PS ne respecte pas le mandat libre et individuel de tout député européen.

Au Centre, Nathalie Griesbeck (Modem, 1ère Est) et l’ancienne fonctionnaire régionale du PS Michèle Striffler (passée via l’UMP au Modem/UDI en 3e position dans la circonscription Est) ont toutes deux activement soutenu la grande coalition mise en place contre les valeurs qui aujourd’hui servent d’indicateur électoral pour ceux qui ont à cœur la famille et la vie.

Force est de constater que les trois députés du FN, Bruno Gollnisch, Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, n’ont pas non plus pleinement mis en œuvre les moyens d’action à leur disposition, bien que le premier ait pris des positions claires en faveur de la vie et la famille. Le FN n’offre aucune garantie de faire mieux sous la prochaine mandature européenne, avec des élus comme Florian Philippot qui, lui, suit clairement la feuille de route LGBT.

 

Conclusions et recommandations électorales de Christiane Mentelle

Les faits démontrent l’absence d’action de l’UMP au Parlement européen. Faut-il encore leur faire confiance ? Au lieu de suivre l’UMP, il faudrait maintenant s’engager avec confiance et conviction dans une « troisième voie » au-delà des clivages politiques. Il ne faut pas faire confiance à Rachida Dati, Françoise Grossetête ou Philippe Juvin qui « draguent » aujourd’hui les Français. Mieux vaut se fier à Henri Guaino, en souvenir du seul soutien appuyé d’un haut responsable de l’UMP à La Manif Pour Tous : «  Ça suffit », « Je ne voterai pas UMP ».

Prenond l’exemple de la circonscription de l’Est (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Lorraine) où les questions de société se confrontent à deux approches profondément différentes. On y trouve un acteur nouveau, la liste du label « Force Vie Est – Antoine Renard », conduite par l’ancien président des Associations Familiales Catholiques, connu pour son engagement pour la famille en France et en Europe. Celle-ci, conduite aussi dans d’autres circonscriptions met les questions de société à l’honneur et à la première place, privilégiant des éléments tel la filiation.

A contrario, la liste UMP y est menée par Nadine Morano – qui s’est prononcée en faveur de la GPA, et, rappelons-le, s’est même dit prête à porter un enfant pour sa propre fille Cette liste comporte ou bien des personnes dont les questions de société ne sont pas une préoccupation (comme Arnaud Danjean) ou bien des personnes devenues fer de lance pour la banalisation de l’avortement et soutien sans faille de Mme Lunacek (comme Véronique Mathieu-Houlon, ancienne vice-présidente de l’intergroupe LGBT). On ne peut pas  soutenir la liste FN menée par Florian Philippot car le candidat lui-même soutient à toute évidence la feuille de route LGBT.

A l’échelle de la France, c’est ainsi au sein des listes UMP qu’il convient d’étudier de près les positions des candidats députés sortants avant de voter. Les candidats suivants étaient particulièrement actifs et déterminés en faveur des rapports Estrela et Lunacek qui ont été les rapports qui ont le plus mis en exergue l’enjeu des valeurs liées à la famille et la filiation :

Nord : Tokia Saifi (2e)

Ouest : Elisabeth Morin-Chartier (2e) et Agnès Le Brun (4e),

Est : Véronique Mathieu-Houlon (5e Est)

Ile de France : Constance Le Grip (4e), Alain Lamassoure et Rachida Dati étant absente des négociations et de prise de parole publique

Centre : Jean-Pierre Audy (3e), chef de la délégation UMP

Sud-Est : Françoise Grossetête (2e)

Sud-Ouest : Frank Proust (2e) et Marie-Thérèse Sanchez-Schmid (3e)

Outre-Mer : Maurice Ponga (1e)

 

Autant d’éléments qu’il semble donc nécessaire de porter à la connaissance des électeurs français et qui peuvent permettre de discerner les orientations de ces candidats en toute vérité…

 

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